Poèmes


Je suis allé chercher le vin ;
Le vigneron était endormi.
J’ai regardé les bouteilles
Elles étaient toutes vides !
J’ai compris qu’il a lu
Omar Khayyam

Halili / H. Ibrahim Tokmak
Nuits st Georges 16.1.07

Décorer
Le papier
Avec le poème;
Le mot
De temps en temps
Défend sa peau !
L’ajouter
Sur l’un,
Couper
Sur l’autre
De temps en temps
Tout effacer.
Quelle torture
Doivent supporter
Les mots,
Pour régler la rime !
Ah ! Poète entre tes mains
Les mots sont victimes !

Alignés comme les wagons du train,
Les mots appellent : Choisis – moi,
Prends-moi, moi …
C’est l’instant le plus délicieux
De l’écriture du poème
Les phrases se déversent
Comme une pluie de printemps
Et tu penses :
De toute façon, j’écrirai plus tard…
Tu as déjà beaucoup trop oublié autrefois;
Lève-toi !
Prends à la main
Le cahier et le crayon
Le moment où se déversent sur ta tête
Les fleurs de la campagne,
Fais attention
Tu as déjà
Beaucoup trop oublié autrefois
Tu oublieras encore !
Tu t’es fait confiance
Tu aurais dû te rappeler !
Les meilleurs se sont envolés
Les mauvais sont restés
Voyons, écris !
Peut-être y aura t’il
Un amateur
De fève véreuse ?!

Le vin de Bourgogne,
Bois le
Tu prendras le goût
Il te fera oublier
Tes soucis
Et te mettra en joie !

Ouvre doucement la bouteille
Ne la secoue surtout pas
Verse doucement dans le verre
De grâce, ne le réveille pas !

Tourne le dans ton verre,
Hume le parfum,
Laisse monter les images…
Regarde la couleur
Fais la ressembler
Aux fleurs !
Le vin
Qui est dans ta main
Connaît son âge …

Prends une goutte
Garde la dans ta bouche
Que reste le bouquet
Sur tes lèvres
Et que le parfum
Eblouisse ton palais !

La bouteille te parlera
De sa région
De son terroir;
Regarde le bouchon
Et tu sauras sa valeur !

Bois le vin
Ne bois rien d’autre !
Il t’enlèvera tes soucis
Bois le vin dans sa tasse,
Il te donnera toujours envie !

Nuits St Georges
7.01.2007

Ce matin à 5 heures,
La lune semblait quitter le ciel;
Tout doucement,
Elle glissait vers la Terre.
La lune était si lourde
Qu’elle n’arrivait plus
A se tenir
Dans le ciel.

La lune était si grande
Ce matin à 5 heures.
Elle ne se portait plus
Dans le ciel.

Tout doucement,
Elle tombait sur la Terre.
La lune était si rouge,
C’est sûr qu’elle se brûlait !
Ses cordes
N’arrivaient plus
A la retenir dans le ciel.
La lune était si grande
Ce matin à 5 heures.

La lune est en train de tomber !
Les gens dorment,
Qui regarde la lune ?
Tout doucement,
Elle tombait
Sur la Terre.
C’était la pleine lune,
La lune, notre lune !

Ce matin à 5 heures
La lune s’est posée sur la Terre.

Les tapis
Rangés comme des soldats
Se taisent
Intimidés
Par la présence des tableaux
Dont certains regards
Troublent
Le visiteur
Mais
Je suis sûr
Que la nuit
Ils s’animent
Et descendent
De leur piédestal
Et ils dansent
Echevelés
Sur des ballades turques
Et bourguignonnes
Jusqu’au petit matin !
Avant de regagner leur place
Les coquelicots se défroissent
Aidant les pivoines
A ranger leurs plis
Les boules de neige
S’ébrouent un peu
Et les pissenlits
Se redressent dans leur vase…
Et
Durant toute la journée
Le silence est rompu
Par un visiteur attentif
Désireux de comprendre
Un trait une couleur
De déchiffrer quelque triangle
Sur un kilim !
Et finalement
Bien perturbé
Par toutes ces énigmes !
Heureusement
Dans un coin
Le coquelicot et la pivoine
Le rassure
Et il repart apaisé
Sous l’œil ahuri
Des tableaux
Et des tapis !

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