Poèmes


Belette,
Mon chien préféré
Etait malade,
Si malade
Qu’il ne pouvait bouger
Sa queue en signe
D’amitié.
Cette situation critique
Ne pouvait durer.

Le vétérinaire, Mr Yusuf
J’ai appelé.

Vite arrivé,
Belette a voulu
Se cacher.
«Voyons mon ami,
Le docteur est venu
En visiteur,
N’aie pas peur !»
Méfiant,
Belette
Se laisse
Caresser
La tête.
J’en profite
Pour le tenir
Fermement
Entre mes jambes,
Et lui serrer
Les mâchoires,
Car le cher
Vétérinaire
N’est pas très fier !

Très habile
Il a déjà piqué Belette
Qui file
Vers sa couchette,
Boitillant
Un peu
Et se tournant
Vers moi
Lançant
Des regards inquiétants !
«Ils m’ont trompé !
Soi- disant une visite amicale
Avec son sac et ses timbales,
Ses potions et ses piqûres !
Même mon maître me jure
Que ce Yusuf est sûr !…
Sûr qu’ils se sont moqué ! »

Dix ans plus tard
Belette nous a quittés
Un beau matin d’été…

J’ai pleuré;
Sur lui j’ai jeté
Les fleurs de l’amitié !

Ce matin
Mille fleurs
S’épanouissent dans le ciel
Les ballons
Sont
Comme la grappe de raisins
Dont les grains
Seraient espacés.

Levés très tôt,
les aventuriers
Sont arrivés
A GOREME;
Avec quelle vitesse
Ils ont déplié
Gonflé
Les ballons colorés !

Ils quittent le sol
Pour l’espace.
Leur panier
Rempli d’aventuriers
Qui,
Les yeux émerveillés
Essaient de fixer
Des images
Pour l’éternité !

Ils survolent ZELVE
Les cheminées de fées
Sont en bas
Minuscules
AVANOS comme un tableau
Est à deux pas…
La Cappadoce sur le plateau.

Ils sont
Comme la grappe de raisins
Dont les grains
Seraient espacés.

Il était une fois
Un conteur
Qui racontait la Cappadoce !

Elle n’est pas seulement
Pierre et caillou
Sur les collines
Et dans les vallées,
Elle est coq
Chameau,
Mère
Père et fille
Une famille !

Le vent
Et la pluie,
Le soleil
Et la neige,
Sont ses artisans…

Grand-père, se préparant
Pour aller au travail,
Voit arriver une voisine,
Les larmes aux yeux;
Elle s’inquiète pour nourrir ses enfants
Durant le long hiver
Qui approche;
« Il y a un dragon
Installé dans notre champ,
Qui va manger toute la récolte,
Jusqu’à la racine !
Dieu le sait;
S’il te plait, grand-père
Fais quelque chose !
Sauve notre récolte
Sinon mes enfants
Vont mourir de faim cet hiver,
Je ne connais pas de meilleur chasseur que toi
Dans le pays ! »

Grand-père répond :
« Demain à l’aube,
Je vais me cacher dans une tranchée
Pour voir
De quel genre de dragon il s’agit,
Et je lui arracherai la tête ! »

La voisine rassurée
Essuie ses larmes en riant,
Et retourne chez elle,
En saluant grand-père.

Le lendemain, levé à l’aube
Grand-père prépare son fusil
Son couteau, son sac et son âne,
Et se met en route
Pour le champ du voisin.
Arrivé au champ,
Il se positionne dans la tranchée
Fusil prêt
Et fait le guet.
Soudain,
Grand-père entend un bruissement
Venant du Sud ;
Il s’attend à voir déboucher le dragon,
Retient son souffle,
Mais il ne voit qu’une petite belette*,
Appelée géléni pour les Avanosiens;
Surpris, grand-père ne bouge pas
Et reste blotti dans la tranchée ;
La belette se dresse sur ses deux pattes
Enserrant un épi de blé
Dont elle croque avec appétit
Les délicieux grains;
Grand-père charge le chien du fusil
Le plaque sur sa joue
L’œil sur le cran de mire et l’orgelet,
Et la vise.

La belette ayant fini son repas
Pose ses pattes sur son ventre
Et salue respectueusement grand-père;
Grand-père s’arrête,
Alors qu’une autre belette arrive
Enserrant elle aussi un épi de blé
Dont elle croque avec appétit
Les délicieux grains.

Le repas terminé
Elle salue Grand-père respectueusement;
Encore une fois
Grand-père vise les belettes,
Mais il refuse de tirer…
Au bout de la septième belette
Emu par le touchant tableau
Grand-père baisse les armes,
Et leur sourit avec sympathie
« J’ai une famille de sept personnes
Mais, parmi les hommes
Je n’ai jamais rencontré
Autant de respect et de sympathie.

Allez les belettes, tout le champ est à vous
Mangez autant que vous pouvez ! »

* Belette: Ecureuil de terre de Cappadoce

Voilà le poème
Et voilà la peinture.
Ils sont comme deux frères;
Le poète est le peintre des mots
Et des sentiments,
Le peintre est le poète
Des couleurs et des formes.

Tout le monde parle sa langue
Et des millions de gens
Peuvent s’exprimer !
Peindre dans cette langue
Est un art;
La nature se compose de couleurs,
De formes et de vie
Pour celui qui la voit…
Un bouquet de fleurs
Ç ‘est un bouquet de fleurs !
Dans la main du peintre,
Il peut devenir un art.

La peinture abstraite
Peut être une œuvre
D’un monde imaginaire
De formes et de couleurs;

Voilà, peinture est comme poème
Poème est comme peinture.

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